Posté le 27/03/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
• La sectionlbamiens est un blog collectif alimenté, au jour le jour, par des citoyens d’Amiens, réunis par Mohamed Boulafrad, il y a Pascal Beauvillain, Boujemaa Bourezma et Farida Bounegab, Francis Thuillier . Ensemble, nous désirons faire de la sectionlbamiens un portail sur l'actualité nationale,départementale, et surtout locale mais aussi un lieu de débat et de réflexion ouvert à tous les internautes. Vous voulez nous rejoindre et participer à ce blog ? Contactez-nous !
Posté le 30/03/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
(Bondy) - Dans un climat social plus que tendu depuis 4 mois avec les violences urbaines de novembre puis les manifestations anti-CPE aujourd’hui, nous avons souhaité connaître la position d’Azouz Begag, l’un des premiers concernés par ces deux sujets. Le ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances nous a donc reçu avec un journaliste de l’hebdo.
Que pensez-vous des manifestations contre le CPE ?
Je constate que des étudiants descendent dans la rue pour contester une loi votée démocratiquement par le Parlement de leur pays. Mais ils n’ont pas plus de droit que les jeunes de banlieues à qui cette mesure est destinée en tout premier lieu. Et puis ces jeunes anti-CPE ne représentent pas la majorité des jeunes. Attendez six mois, le premier bilan de l’expérimentation du CPE. C’est ça la démocratie! Essayons! Qu'est-ce qu'on a à perdre?
Reste que tout le monde n'a pas l'air convaincu. Les manifs grandissent de jour en jour...
Vous pensez vous que ceux qui manifestent sont les vrais précarisés? Pas moi. Je vois les choses ainsi. Les jeunes de banlieues, une fois de plus, se font voler leur colère. Comme nous, à leur âge, comme moi quand j'étais plus jeune et que je vivais encore aux Minguettes à Vénissieux. On avait fait la Marche des Beurs et on se l'est fait récupérer par SOS Racisme et les mouvances socialistes. Le PS, une fois de plus, instrumentalise ces mouvements d’étudiants. Je vous le dis, on vole leur révolte aux jeunes des banlieues! Mais c'est le p'tit Mohamed de Bondy qui vit vraiment dans la précarité!
Reste la question de la légalité de cette loi. Un recours a été déposé par le PS qui juge le CPE discriminatoire sur l’âge...
Ecoutez, en 1981, quand j’étais dans ma cité à Lyon, Mitterrand et le PS sont arrivés au pouvoir. Ils ont très vite parlé de société "black, blanc, beur". Et vingt-cinq ans plus tard, quel est le résultat? Pas un députés black ou beur à l’Assemblée dans les rangs socialistes. Aucun, zéro. Pas un député beur, vous vous rendez compte?
…mais à droite non plus
Sauf que la droite, elle n’a jamais rien promis. Elle n'a pas distillé de faux espoirs dans les cités. Et puis, elle se bouge la droite. Vous savez, en France nous avions ce qu’on appelait "la double peine". En clair, un jeune immigré faisait une bêtise, comme ça arrive dans les cités, il passait devant un juge, était condamné à de la prison et après avoir purgé sa peine, il était expulsé vers le pays d’origine de ses parents. Moi-même, je me suis battu contre cette double peine. La gauche, elle, n’a rien fait. Et vous savez qui l’a abrogée ? Nicolas Sarkozy! Cela vous montre que la lutte contre la discrimination dépasse les partis. C'est un combat républicain. Aux prochaines législatives, je vous parie que le PS va faire entrer des Noirs et des Arabes à l’Assemblée nationale. Et c'est la droite qui l'y aura poussé!
La droite est-elle plus sincère ou plus opportuniste?
C’est le résultat qui compte. C’est cela le pragmatisme. Elle a le courage de le faire.
Quelle réponse le gouvernement a-t-il apporté aux violences urbaines de l’automne dernier ?
Pour ces jeunes, un accès à l’emploi est une priorité. C'est précisément la priorité que s'est fixée le gouvernement. Le CPE s’inscrit dans cette logique d’entraînement vers le marché du travail. En France, 23% des moins de 26 ans sont au chômage et le taux grimpe à 40% pour les personnes non qualifiées. Alors je vous laisse estimer le taux que cela peut représenter chez les jeunes de banlieues non qualifiés et qui sont d’origine antillaise, africaine ou maghrébine... Les employeurs ont longtemps montré de la réticence pour une première embauche? Le CPE c'est la souplesse désirée. Et il permet aux jeunes d'avoir un premier job. Vous savez, quand on a passé trop longtemps sur le banc de touche de l’égalité, à cause de sa gueule ou de son adresse, c’est difficile, on manque de confiance. Donc moi je pars de l’hypothèse que ces jeunes-là ont plus faim que les autres pour réussir. Et ils vont tout donner.
Et au ministère de la promotion de l'égalité des chances qu'avez-vous entrepris ?
Avec mon collègue Gérard Larcher (ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes), nous prenons en charge 6000 jeunes de quartiers diplômés et sans emploi qui bénéficieront d'outplacement et de coaching privé. D'ici quelques semaines, ils devraient avoir intégré le marché du travail. Voilà une mesure concrète contre la discrimination à l'embauche. Par ailleurs, à ce jour, plus de 350 entreprises ont signé la charte de la diversité. Elles s’engagent ainsi à recruter sans discrimination, en prenant en compte la diversité. Et ce n’est pas de la charité! Ceux qui s'y engagent connaissent leur intérêt! Embaucher ces jeunes-là, c’est miser sur la rentabilité. Enfin, nous avons aussi promulgué la loi sur l’égalité des chances qui comporte entre autres une extension des pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’Egalité (HALDE). Son pouvoir est renforcé par le droit d’exercer du "testing" désormais à l'entrée des boîtes de nuit, par exemple.
Une vision à l’américaine...
Plutôt à l’anglaise. Les Anglais ont quinze ans d’avance sur nous. Les Suisses et les Belges aussi ont de l'avance. Nous ce que nous voulons, c'est aussi faire entrer de la diversité dans les médias. Et c'est en train de changer depuis quelques mois. Vous avez sûrement entendu que cet été le 20 heures de TF1 sera présenté par Harry Roselmack, un journaliste originaire de La Martinique. En 2004, Dominique de Villepin, alors ministre de l'intérieur, a eu cette formidable intuition de me commander un rapport sur l’égalité des chances. Je l’ai fait. Et aujourd'hui, l’égalité des chances est au coeur de l’action du gouvernement, dans tous les domaines.
Vous ne pensez pas qu’on en parle surtout depuis les violences urbaines de novembre dernier?
Nous n'avions pas attendu les émeutes pour agir. Ce ministère a été créé au mois de juin, je vous le rappelle.
Lors des « émeutes » justement, vous avez eu un mot à l’endroit de Nicolas Sarkozy, critiquant sa "sémantique guerrière". Puis, on ne vous a plus entendu. Pourquoi?
Il n'y avait rien à rajouter. Il fallait ramener l'ordre. Vous vous rendez compte que pendant cette période, 16'000 voitures ont brûlé?! Il fallait intervenir. C’était le moment de l’action de la police et les pompiers.
Quels sont vos projets pour l'avenir?
Ce que je veux faire comprendre aux Français, c'est que les banlieues et la diversité sont un plus pour la France. Que les entrepreneurs doivent aller y recruter parce que les jeunes des cités sont motivés. Ces quartiers sont de véritables gisements pour l’avenir du pays. La diversité est une richesse. Il faut que cela devienne une évidence. Aux jeunes de banlieues, je leur dis : quand le patron qui vous recrutera en CPE va vous voir à l’oeuvre, il va vous garder plus de deux ans. Il ne va pas vous former et vous jeter ensuite, ce n’est pas dans son intérêt.
Que pensez-vous du droit de vote des immigrés, aux élections locales par exemple?
C’est un piège. Il y a 120'000 immigrés qui arrivent en France chaque année. La France a une politique d’accès à la nationalité française. Trop de jeunes dans les quartiers ont le droit de voter et ne votent pas. Je préfère convaincre ceux qui ont ce droit de s'en servir. Et pour les encourager, j'aimerais justement qu'il y ait toujours plus de diversité dans le monde politique et médiatique, que les gens puissent voir des visages semblables au leur, pour leur donner envie de s’impliquer dans la vie de la cité.
Mon père est mort il y a 3 ans, à l’âge de 90 ans. Voter ne l’intéressait pas. Tout ce qu’il voulait, c'était retourner au bled. Ma mère, elle, a 87 ans, elle vit toujours à Lyon et elle ne vote pas non plus. Les Français d’origine étrangère sont des Français à part entière. (Le ministre se lève et de derrière une étagère, face au bureau ministériel, il sort la photocopie de la carte d’ancien combattant de son grand père). Je l’ai retrouvé il n’y a pas très longtemps: mon grand père s’est battu pour la France" c’est impressionnant non!
Azouz Begag en 8 questions express:
Les quotas, pour ou contre?
- Contre
Plusieurs personnes dont certains militants associatifs, veulent être le candidat des banlieues en 2007. Bien ou pas bien?
- C’est même excellent!
Les médias prétendent que les Français ne s’intéressent pas aux banlieues. Ils ont raison ou pas?
- Plus aujourd’hui.
Votre plat préféré?
- le couscous aux cardons (plante qui ressemble au céleri en branche)
Etes-vous croyant?
- Pratiquant non croyant (il sourit de son mot). C'est une affaire privée.
Mangez-vous et buvez-vous de tout ou avez-vous des interdits religieux par exemple?
- Cela relève de ma vie privée
La phrase entendue à votre encontre qui vous a fait le plus mal?
- Des choses comme "ministre alibi","beur de service"
Avez-vous visité le Bondyblog.fr?
- Non, mais j’en ai entendu parler. Et c'est vraiment une excellente idée!
Propos recueillis par Michel Beuret et Mohamed Hamidi
Posté le 02/04/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
RASSEMBLEMENT PUBLIC
La Gauche unie contre le CPE
Après des semaines de mobilisation sans précédent dans notre Département, comme dans toute la France, contre le Contrat Première Embauche, le Président de la République a décidé de promulguer, malgré l’opposition de la plupart des français, la loi sur l’égalité des chances contenant la mise en place du CPE. L’obstination du Gouvernement, les déclarations provocatrices quotidiennes de Gilles De Robien et maintenant l’attitude du Chef de l’Etat sont irresponsables et favorisent un climat délétère. En faisant prévaloir ses intérêts particuliers et ses luttes internes sur l’intérêt du pays, l’exécutif ne répond en rien à l’attente des milliers de jeunes qui manifestent chaque jour leur refus de la précarité comme seul horizon.
Face au front uni de la jeunesse et des syndicats, le gouvernement continue sa stratégie de confrontation pour aller vers le démantèlement du code du travail et la disparition du CDI.
A la veille d’une nouvelle journée de mobilisation et de manifestation, le mardi 4 avril, l’ensemble des partis de gauche de notre Département, par la voix de leurs responsables
LUNDI 3 AVRIL
à partir de 18h00
Salle Louis Aragon (Place de la Mairie)
à CAMON
avec
Vincent PEILLON
Pour les Socialistes
Christophe PORQUIER pour les Verts Jean-Jacques STOTER pour le PRG
Thierry LUCAS pour le MRC Joël CARLIEZ pour les Communistes Francis DOLLE
Parti Socialiste
Parti Communiste Français
Les Verts
Parti Radical de Gauche
Ligue Communiste Révolutionnaire
Mouvement Républicain et Citoyen
Posté le 03/04/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
D'ores et déjà, je demande à tous de réfléchir au fait que :
- la 5e république est pourrie, sa direction bicéphale et étale son incompétance au grand jour, en même temps elle continue de prendre les français pour des idiots, la crise reste sociale mais sa caractéristique principale est désormé institutionnelle cela est palpable par tous.
Toutes nos actions doivent s'y référer pour être claires.
Jean Chantraine nouveau militant de la section Léon Blum
merci Jean, pour ta participation à ce blog.
Posté le 03/04/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
Extrait du courrier des lecteurs de l'EST REPUBLICAIN du 20/03/06
Même s'il me fait plutôt penser à une installation forcée sur un siège éjectable dont on ne maîtrise pas le déclenchement, le CPE doit être une bonne idée puisqu'il a déjà un projet de petit frère avec le CPL (contrat première location) qui permettrait au propriétaire d'un logement de signer un bail de deux ans à l'issue duquel il lui serait possible de mettre le locataire à la rue.
Alors, parce que je suis plutôt partisan des bonnes idées, je suggère la mise en place des contrats suivants : Le CPV (contrat de première voiture) permettant à l'acheteur d'un véhicule de le conserver à l'essais pendant une durée maximale de deux ans, à l'issue de laquelle il déciderait de l'acheter ou bien de le ramener au garage sans explication ; Le CPR (contrat de premier repas) permettant au convive de goûter les plats de son choix et de quitter le restaurant sans payer ceux qui n'aurait pas appréciés ; Le CPM (contrat premier mariage) permettant aux nouveaux époux de signer un contrat de mariage de deux ans à l'issue desquels la séparation serait possible, sans autre formalité, si l'un des deux n'est pas satisfait de l'autre.
Mais avant tout ça, je suggère aussi la création d'un CPP (contrat de premier président) permettant aux citoyens d'élire le président de la république pour une période probatoire de deux ans à l'issue desquels un référendum national déciderait s'il est ou non autorisé à finir le quinquennat. Au fond, ça les inciterait peut-être à vérifier les " bonnes idées " de leurs premiers ministres.
Posté le 27/04/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
Dans l'article « Un nouveau quartier
de la gare» paru hier dans
notre édition, Gilles de Robien
soulignait : « C'est un quartier du
type XIXe siècle où tout va être nettoyé.
H a été "salopé" par des ateliers
divers dont le centre technique
municipal ».
La CGT de la ville d'Amiens et de
la Métropole, avec l'ensemble du
personnel du centre technique
municipal, demande des explications
à M. De Robien sur ces propos
« méprisants » envers le personnel
de ce service.
« C'est d'autant plus lamentable de
tenir un tel langage, vu que M. De
Robien est responsable du personnel
de la ville et d'Amiens Métropole
depuis trois mandats », précise
la CGT.
« Cette expression de nettoyage
n'est pas sans nous rappeler l'expression
d'un autre ministre du
même gouvernement qui lui parlait
à ce moment-là "de nettoyage
au Karcher" ».
En conséquence, le syndicat reclame
des explications au plus vite.
Posté le 19/05/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
INTERVENTION DE MOHAMEB BOULAFRAD SECRETAIRE DE LA SECTION LEON BLUM DU PS A AMIENS
PAS DE BETISE DU GENRE NATIONALE : « JE SUIS LE CANDIDAT, LE PROJET EN VERRA PLUS TARD ».
Le comité d’agglomération et le comité de ville DU PS à Amiens se sont réunis le 16 mai à 20h salle Dewailly.
Beaucoup d’espoir mais aussi des craintes, l’espoir de voir enfin une gauche réunie, un parti socialiste conquérant et uni pour une même cause, la victoire en 2008 aux municipales.
L’intervention de Dominique Théo Président du Comité d’agglo est claire, le parti socialiste amiénois doit préparer son projet avec ses partenaires traditionnels.
Le parti socialiste doit être fédérateur, à l’écoute des amiénoises et amiénois, qui souffrent depuis quelques années d’une politique austère et autoritaire.
L’intervention de Benjamin Moitrel, secrétaire adjoint de la section Léon Blum est significative sur le degré de réalisme qu’il faut avoir pour mener une politique d’espoir et de changement pour l’ensemble des amiénois(e) s aux municipales de 2008.
D’abord le projet rien que le projet, ne faisons pas la même erreur que nos camarades du national pour la présidentielle qui se disputent le leader chip pour des ambitions personnelles,
Notre projet devra être partagé avec l’ensemble des amiénois(e) s car sinon nous retrouverons pour six ans et assurément l’équipe de Robien.
Le parti socialiste, doit mettre en avant le projet politique, s’il veut que les amiénois(e) s s’intéressent à lui, nous avons besoin d’un projet porteur d’espoirs, pas d’un candidats(e) en tous les cas pas dans l’immédiat.
Un travail de font doit être mené dans les quartiers d’Amiens, inciter les jeunes à aller s’inscrire sur les liste électorales.
Redonner de l’espoir aux jeunes des quartiers : c’est le travail que mène actuellement la section Léon Blum.
Il n’est pas question que derrière nos actions, des camarades se déchirent pour savoir qui ira aux municipales de 2008, les amiénois ne le comprendraient pas, encore moins les jeunes des quartiers.
Le pire serait de ne pas tenir compte des forces socialistes sur le terrain, de penser qu’une figure politique quelle qu’elle soit serait suffisante pour battre de Robien et sa tribu, installée depuis plusieurs années (1989/2008). La réalité sera tout autre, sans projet nous ne battrons pas De Robien.
Pour notre part, nous souhaitons continuer à travailler avec tous les militants socialistes et sympathisants qui mènent actuellement un vrai travail de réflexion sur l’incohérence de la politique de Gilles de Robien et de son équipe.
Les amiénois(e) s ne sont pas consultés, De Robien décide de tout, tout seul sans aucune concertation véritable, il annonce la construction du zénith, ainsi que d’autres projets pharaoniques.
En matière de logement et de transport on pourrait mieux faire.
Dans le domaine de l’emploi là aussi que fait De Robien à part créer 400 emplois précaires.
Les clubs sportifs, de football, d’athlés, etc. se plaignent de ne pas disposer de meilleures installations pour répondre à la demande des adhérents et autres utilisateurs sportifs.
Dans les quartiers d’Amiens, les associations sont tout bonnement délaissées par les élus de droites et les responsables de secteurs, pas de locaux ou de lieux conviviaux pour accomplir des actions d’animations et de loisirs en direction d’une population fatiguée, d’où un ralbol du politique.
Pour la section Léon Blum, il faut d’abord un travail de tous sur le terrain, pour le projet municipal, ensuite sera posé la question du candidat(e) : il nous reste 2 ans pour élaborer ce projet.
La section Léon Blum sera vigilante sur cette question.
Posté le 23/05/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
de Robien envisagée par l'UDF L'exclusion de Gilles de Robien
de l'UDF est envisagée par les proches de François Bayrou,
qui accusent le seul ministre centriste d'essayer de diviser
son parti, pour le compte de l'UMP et du gouvernement.
« La question de l'exclusion est posée », a affirmé Jean-
Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis.
Le ministre de l'Education a annoncé dimanche la création
d'un « club », « Société en mouvement », pour « conduire
» la reflexion qui manque cruellement à l'UDF ».
M. de Robien, écartant l'idée de créer son propre parti ou
de quitter l'UDF, a expliqué la création de ce courant par « le
passage dans l'opposition de son président François Bayrou
» et la nécessité de « travailler sur les valeurs fondamentales
de l'UDF ». La semaine dernière, après le vote par onze députés UDF (dont M. Bayrou) de la motion de censure socialiste contre le
gouvernement Villepin, l'exmaire d'Amiens (Somme) avait
indiqué qu'il « n'imaginait pas » voter pour le président
de l'UDF à la présidentielle de 2007. Le « club » de M. de Robien
rassemble pour l'heure sept parlementaires, partisans comme lui d'une stratégie d'alliance avec l'UMP. Une réunion à huis clos est prévue ce soir au ministère de l'Education.
« Tentative de division » L'entourage de M- Bayrou a vu
dans l'initiative de M. de Robien « une tentative désespérée de l'UMP et du gouvernement d'influencer l'UDF de l'intérieur » et la
juge « vouée a l'échec ». Le député Gilles Artigues, qui
fait partie des députés ayant voté la censure, a jugé
« pitoyable » cette « tentative de division » et a accusé
M. de Robien d'agir « sur ordre et en service commandé
». « La question de son exclusion de l'UDF est relancée
», a-t-il affirmé. La semaine dernière, le député européen
Bernard Letudeux avait également estimé que les instances
du parti « auront à régler un jour le cas » de Gilles de
Robien.
Ce dernier a été suspendu en juin des instances dirigeantes
de l'UDF pour être resté ministre après l'arrivée de Dominique
de Villepin à Matignon.
Ses critiques avaient poussé François Bayrou à organiser
en janvier un vote du Congrès sur sa ligne d'indépendance,
qui a été plébiscitée à 91,1 %. Pour M. Lagarde, plus que « la
création d'un courant canalcroupion », c'est la décision
de M. de Robien de ne pas soutenir François Bayrou en
2007 et ses attaques contre les députés ayant voté la censure
qui « justifient des sanctions ».
Posté le 08/06/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
Sarkozy, humain pour 2 % des enfants sans-papiers
Le ministre de l’intérieur, dans sa grande mansuétude, a décidé de
régulariser environ 800 familles de sans-papiers aux enfants scolarisés. Un
geste en trompe-l’oeil, qui n’empêchera pas cet été "la chasse à l’enfant
étranger".
Nous vous parlions récemment du danger qui plane sur les enfants scolarisés
de parents sans-papiers d’être massivement expulsés dès le 30 juin, puisque
Nicolas Sarkozy a demandé aux préfets d’attendre la fin de l’année scolaire,
pour plus de discrétion. Essentiellement grâce à l’action du Réseau
éducation sans frontière (RESF), qui a lancé un appel à cacher les enfants
expulsables (40 277 signatures à l’heure où nous écrivons ces lignes), la
discrétion voulue n’a pas suffi et la mobilisation a enflé. Voilà donc que
le ministre de l’intérieur semble faire machine arrière, déclarant avec un
cynisme écoeurant: Lorsqu’un enfant étranger est né en France ou qu’il y est
arrivé en très bas âge, qu’il est scolarisé en France, qu’il ne parle pas la
langue de son pays d’origine, qu’il n’a aucun lien avec ce pays, il serait
très cruel de l’y reconduire de force. Les attaches de cet enfant sont en
France et son départ serait vécu comme une véritable expatriation, un
déracinement. A lire avec des trémolos dans la voix. Or Thierry Mariani,
rapporteur du projet de loi sur l’immigration choisie à l’Assemblée
nationale, précise le champ d’application de la mesure humanitaire
extraordinairement généreuse du candidat UMP à la présidentielle: Les
familles qui pourront bénéficier de ce droit exceptionnel au séjour seront
celles dont les enfants sont présents en France depuis deux ans ou ayant un
enfant né en France ou arrivé en France en très bas âge, scolarisé depuis au
moins une année scolaire dans l’enseignement obligatoire, ne parlant que le
français et n’ayant plus de lien avec son pays d’origine. Si l’enfant parle
français et swahili, ou arabe, ou chinois (ou ce que vous voulez): expulsé!
Non aux bilingues, ferments de désordre. Si l’enfant a au pays une
grand-mère, un oncle, des cousins (ou tout ce que vous voulez qu’on puisse
appeler un lien): expulsé!
En réalité, la régularisation, au cas par cas, ne devrait concerner qu’environ
1200 personnes, suivant le chiffre cité par Le Figaro, qui dévoilait en
avant-première hier matin l’annonce sarkozienne. Si le ministère estime le
nombre de clandestins à 300 000 à 400 000 personnes, cela représente au bas
mot 50 000 enfants. M.Sarkozy ne résout donc que 1 à 2% des cas en se basant
sur des critères farfelus, s’indigne Richard Moyon, porte-parole du RESF. Ce
qui n’empêche pas Le Figaro de titrer: Les élèves sans papiers ne seront pas
expulsés. A part 98 à 99 % d’entre eux! Appelle-t-on ça de l’information? En
réalité, même s’il ne lui plaît pas qu’on le rappelle publiquement, Monsieur
Sarkozy se propose toujours d’organiser cet été la chasse à l’enfant
étranger, accuse RESF. La manoeuvre du ministre de l’intérieur est claire:
adopter la noble posture de la générosité humanitaire, jetant ainsi de la
poudre aux yeux, pour tenter de cacher la réalité de sa politique, tout
entière contenue dans le discours qu’il tenait aux préfets le 9 septembre
2005: Lors de notre dernière rencontre, je vous ai fixé des objectifs
chiffrés, en vous demandant de procéder, au minimum, à 23 000 éloignements d’étrangers
en situation irrégulière cette année. Je constate qu’à la fin du mois d’août,
12 849 étrangers avaient fait l’objet d’une mesure effective d’éloignement:
sur huit mois, 56 % des objectifs ont été atteints. Il vous reste donc cinq
mois pour accentuer l’effort. J’observe d’ailleurs que, d’une préfecture à l’autre,
les résultats sont inégaux. Or, j’attends de tous une entière mobilisation.
Plus encore qu’une obligation de moyens, c’est une obligation de résultats
qui vous est fixée. C’est justement aux préfets qu’il appartiendra de juger,
au cas par cas, qui mérite régularisation. Sans commentaire.
Son associé :
Son supprimé car il ne respectait pas les droits d'auteurs
Posté le 08/06/2006 à 12:00 par sectionlbamiens
Depuis une dizaine d'années, les politiques européennes sur les migrations et l'asile combinent aspect répressif, interdiction d'entrer et injonction de circuler, et utilitarisme migratoire, mise en place d'un système d'inclusion sélective des migrants qui hiérarchise les droits, produit l'illégalisation et, loin de fermer les marchés du travail nationaux, filtre la main d'oeuvre temporaire nécessaire : un système de droit hors du droit, où le " droit d'avoir des droits " n'existe pas. De cette logique participent les camps, mais aussi les visas Schengen. Les camps d'étrangers existent depuis longtemps en Europe. Si, des zones d'attente françaises aux camps des îles grecques, le régime en vigueur, la durée moyenne de maintien, le statut des étrangers qui y sont placés (dont le seul délit est
d'avoir enfreint ou tenté d'enfreindre les règles que fixent les États pour le franchissement de leurs frontières) varient, partout on y retrouve violation des droits fondamentaux et violences physiques et morales. Mais un camp, c'est aussi un processus (de contrôle, de filtrage) : plus uniquement lieu d'enfermement et d'immobilisation, mais aussi tentative, inscrite dans l'espace, de canaliser et gérer les déplacements, et de rendre la mobilité productive. Les récents projets européens d'externalisation des camps pour demandeurs d'asile hors d'Europe (Libye, Maroc, Ukraine) représentent un tournant décisif : abandon par les pays de l'UE des responsabilités qui leur incombent au titre de leurs engagements internationaux (Convention de Genève, ...), et inscription dans la doxa européenne, en lieu et place de politiques d'asile et d'immigration, d'une gestion policière et utilitariste dont les camps sont un élément essentiel. Après les morts de Ceuta et Melilla (octobre 2005), qui peut nier que l'UE mène une véritable guerre aux migrants où, comme dans toute guerre, le langage joue une part non négligeable. Mais, alors que la novlangue européenne est riche en euphémismes (" partage du fardeau ", " points d'accueil ", politiques de " voisinage " et de " ré-installation "),ce sont des termes militaires (" assauts ", " agression ", " hordes ") et des politiques anti-terroristes qui sont réservées aux migrants. Les luttes des migrants, qui quotidiennement remettent en question le " régime de frontières " européen en exerçant la liberté de circulation, dessinent un nouveau visage de la citoyenneté européenne.